Derrière le disque en plastique

Par Marion Morissette


Parmi tous ceux qui y jouent, rares sont ceux qui vont arrêter. Une fois qu’on commence, l’univers du frisbee nous charme et nous séduit jusqu’à ce qu’on ne pense plus qu’à lui. On pense à lui et on sourit. On parle de lui à nos amis, on rêve de lui la nuit. Au départ, je voulais vous présenter ce sport peu connu, vous expliquer son fonctionnement, son déroulement, ses règlements. Cependant, ce serait un texte ennuyant et peu intéressant pour ceux qui connaissent déjà ce jeu passionnant. À la place, je vais vous partager le frisbee que je connais, celui qu’on ne retrouve pas expliqué sur Wikipédia. Le frisbee, ce n’est pas seulement les stacks, les layouts, les longues, les stratégies offensives et défensives. Le frisbee, c’est aussi les casquettes Ciele et UL, les pratiques au PUQ en début de soirée et les genoux verts et croûtés à force de se pitcher. C’est le monde qui disparaît le temps d’un sprint. Notre seul et unique but se résumant à attraper le disque. C’est les billes noires de synthétique qui envahissent nos maisons en commençant par nos bas et nos crampons. C’est le vent capricieux qui nous rend anxieux ou ambitieux dépendamment de quel côté il décide de souffler. C’est ce morceau de plastique qu’on finit par traîner partout telle une relique. C’est tout un univers et il vaut vraiment la peine d’être découvert.


Le frisbee, c’est donc beaucoup de choses, mais c’est avant tout un sport d’équipe. Que ce soit sur le jeu ou sur le banc, l’esprit d’équipe y est omniprésent. Rangés dans le stack (alignement offensif de début de jeu), la fébrilité et l’anticipation sont partagées, tous prêts à décoller au signal donné. Regards, encouragements, ordres, stratégies. Pour cette équipe, on se donne jusqu’à ce que nos chevilles s’évanouissent, que nos pieds s’écrasent, que notre cardio explose et que nos poumons s'enflamment. On fait une passe, on part en sprint, on plonge, on se relève, on fait une passe, on part en sprint, on revient dans le stack… Regards, encouragements, ordres, stratégies. Sur le côté, on reprend notre souffle, on observe, on discute frisbee ou tranches de vie, on s’écorche la gorge à crier les « up » et à encourager. Le frisbee, c’est les tapes dans le dos, les « s’cuse » et les « good job ». Aucun arbitre n’est présent : chacun est responsable de respecter les règles. En équipe, on avance, on recule, on gagne et on perd. On va célébrer ou se réconforter autour d’une grande poutine Ashton. Tous ces gens si différents, pourtant réunis, riant, échangeant et jouant comme s’ils se connaissaient depuis toujours. On finit tous par se connaître; c’est un petit sport comparable à une petite ville de campagne. Tous apprennent à cohabiter, les timides, les enjoués, les mononcles et les matantes. Une drôle de famille unie par cet univers qu’est le frisbee.


Si vous voulez, il y a des millions de manières de commencer, que ce soit comme moi, en vous faisant embarquer dans un tournoi alors que vous ne saviez pas lancer ou encore en vous joignant à des amis pour la ligue du mercredi. Pas besoin d’équipement, seulement des crampons si vous en avez sinon, des frisbees, il y en a toujours à volonté. Puis, si vous donnez tout ce que vous avez, vous allez être impressionné de constater à quel point vous progressez. Ce n’est pas un sport où l'on a besoin, avant même de commencer, d’être musclé, souple ou de s’être pratiqué depuis qu’on sait marcher. Si vous êtes capables de sauter, d’attraper, de socialiser et de compter de 1 à 10 lorsque vous marquez, vous allez bien vous débrouiller. Le frisbee, c’est aussi la diversité. Il y en a de nombreuses variétés: du 4 contre 4, du 5 contre 5, du 7 contre 7. Compétitif ou récréatif, St-Foy ou Charlesbourg, intérieur ou extérieur, junior ou masters, mixte ou pas mixte, coach ou pas de coach. Devant cette vague de possibilités, il est très difficile de se tanner ou de résister à la tentation d’expérimenter. Bref, je vous conseille vraiment d’essayer, c’est un sport facile à aimer.


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