Recueil de poésie - Seven

Par Cléo Nadeau


Ode à Junine


Pression sur la poitrine

Pression alpine

Cœur mis en sourdine

Ambres presque divins, cœurs dans la résine

La ligne est fine

Entre douleur tenace et angine

Je devine

Dans des traits androgynes

D’une beauté d’andésine

Qu’une souffrance se dessine

Rien ne la lésine

Sur ce visage à l’allure pourtant anodine

Toxines

Mon corps se détruit et s’assassine

Le monde me contamine

Le Soleil me calcine

La vie a la mort comme unique concubine.



Rien


Poussière

Poussière sur un bureau

Poussière de lune

Fine pellicule

Épaisse couverture

De zéro à héros

De monticule à dune

Tout n’est que poussière



Amoris ebrietas

Si l’amour est propret, chaste, pur, sans bavures, sans salissures, sans tâches, sans raisons c’est que l’alcool coule dans le sang et le sang dans les veines, tuant l’excédent à l’excès, se distillant, désinfectant nos plaies comme nos cœurs, tuant les germes à son passage, tuant les germes de notre sanité, il nous tue à l’intérieur, désinfectant le dehors, annihilant le dedans et c’est dans une salle blanche et pure, sans bavure sans salissure, que le corps se meurt et que le cœur se fige.



La belle est la bête

Les larmes sont salées tandis que la douleur est amère, l’amour sucré n’est en fait qu’une oasis au milieu du désert, le ciel crépusculaire est un avant-gout de l’enfer. Si la vie était humaine elle aurait un visage hideux, puisque qu’elle n’a rien à envier des hommes dont elle se moque et qui l’adulent, elle les nargue alors qu’ils la vénèrent, les déteste alors qu’ils la protègent, elle gardera un faciès de bête sur un corps de déesse.



Cyber ectoplasme


Les clefs du problème au trousseau

Que l’on m’a arraché

Au fond du gouffre de mes idées noires

Elles ont été emportées

Mon âme

Un spectre avant l’heure

Je me sens m’effacer

Cet écran digital

Est une porte sans poignée,

Vers une réalité

Qui pourtant n’existe plus quand j’ai les yeux fermés

Fantôme,

Je suis et

Fantôme,

Je resterai

Mort ou vif,

Personne ne le sait ,

S’il n’est pas de l’autre côté du miroir à me regarder


***Attention! Le prochain poème poème traite de sujets sensibles. Toute audience fragile doit s'abstenir. En cas de besoin d'aide, l'équipe du Renard vous conseille de prendre rendez-vous au Service Psychosocial du Cégep Garneau.***


La mort se nomme Amour.


Séjour à l’abattoir

Billet sans retour

Il faut offrir son corps

Pour un peu d’amour

Le carnivore est vorace

De tes dernières heures, il se lasse

Il tournera la page, changera de livre, mais te suivra à la trace

Tout pour oublier le crochet traversant ton cou

Il a une faim de loup

Un estomac d’ogre

Et quand tu satisferas sa faim,

Il s’en ira et ne laissera. Plus. Rien.


Source de l'image:

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